L'arthrite ou polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie auto-immune chronique qui touche principalement les articulations, mais peut aussi affecter divers organes. Elle se caractérise par une inflammation de la membrane synoviale, des poussées douloureuses et un risque d'ankylose et de déformations articulaires. Sa prévalence en France est estimée entre 0,49 % et 0,77 % de la population adulte, et elle touche environ trois femmes pour un homme. Au Canada, la prévalence chez les adultes est d'environ 1,4 %, atteignant 3,3 % chez les femmes de 65 ans et plus. Aux États-Unis, environ 1,3 million de personnes sont diagnostiquées. Bien que sa cause exacte reste inconnue, une prédisposition génétique et des facteurs environnementaux sont impliqués.

L'arthrite, inflammation aiguë ou chronique d'une ou de plusieurs articulations, regroupe plus d'une centaine de maladies classées parmi les nombreuses variétés d'arthrite ou qui en sont à l'origine. Les formes les plus répandues et les plus gênantes se manifestent simultanément dans plusieurs articulations (polyarthrites) ; elles peuvent devenir chroniques et évoluer vers l'impotence.
La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme, la forme la plus grave de polyarthrite chronique et la plus douloureuse, qui est aussi potentiellement la plus invalidante, car elle risque de bloquer les mouvements (ankylose) et de déformer les articulations. Chronique, elle est caractérisée par des poussées entrecoupées de rémissions. Elle siège principalement au niveau des articulations, mais c'est aussi une affection systémique, qui peut affecter divers organes et altérer l'état général (fièvre, fatigue, amaigrissement).
L'inflammation des articulations peut également correspondre à la goutte. Le rhumatisme articulaire aigu, devenu rare dans les pays développés, est une polyarthrite auto-immune qui survient dans les suites d'une angine à streptocoque et peut entraîner des complications cardiaques. La spondylarthrite ankylosante affecte la colonne vertébrale.
La cause de cette maladie est inconnue, mais il semble qu'une prédisposition héréditaire et un facteur d'environnement (virus, par exemple) puissent contribuer à son apparition. Par ailleurs, on sait qu'il s'agit d'une maladie auto-immune. Elle existe dans le monde entier, sous tous les climats et dans toutes les ethnies. Elle atteint environ 3 p. 100 de la population dans les pays développés, les femmes étant trois fois plus touchées que les hommes.
Le diagnostic de la PR repose sur un faisceau d'arguments cliniques, immunobiologiques et radiographiques. Le bilan biologique met en évidence un syndrome inflammatoire dans près de 90 % des cas. Le facteur rhumatoïde est présent dans environ 60 % des cas, et les anticorps anti-peptides citrullinés (anti-CCP), très spécifiques, dans 60 à 70 % des cas .
Il existe de nombreuses méthodes pour soigner la polyarthrite rhumatoïde. Le traitement médicamenteux soulage les symptômes, en particulier la douleur (analgésiques, anti-inflammatoires). Les traitements de fond, comme le méthotrexate, et les biothérapies (anti-TNF) visent à contrôler l'inflammation et à ralentir la progression de la maladie . La kinésithérapie et l'ergothérapie sont aussi d'un grand secours : programmes d'exercices, physiothérapie (applications de chaleur, par exemple), et utilisation d'appareils destinés à maintenir la motricité et la mobilité des articulations. L'invalidité qui survient dans les cas avancés peut être nettement corrigée par la chirurgie.
Prévalence et impact en France, Suisse, Canada et États-Unis
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie dont la prévalence varie considérablement selon les régions et les méthodes d'estimation.
En France, une étude récente basée sur le Système National des Données de Santé (SNDS) estime que la prévalence de la PR chez l'adulte se situe entre 0,49 % et 0,77 % en 2019, la prévalence réelle étant probablement dans cette fourchette . La maladie touche majoritairement les femmes, avec un sex-ratio de 3 pour 1 . Les causes de décès les plus fréquentes chez les patients atteints de PR sont liées aux maladies cardiovasculaires dans 27 % des cas .
Au Canada, les données du Québec indiquent qu'en 2022-2023, 1,4 % des personnes de 20 ans et plus avaient reçu un diagnostic de PR. Cette proportion augmente avec l'âge, atteignant 3,3 % chez les femmes de 65 ans et plus et 2,1 % chez les hommes du même âge . La polyarthrite rhumatoïde est la forme la plus fréquente de rhumatisme inflammatoire au Canada . Une étude ontarienne a montré que la proportion de personnes atteintes de maladies rhumatismales poursuivant une grossesse a augmenté de 24 % entre 2011 et 2020, la PR augmentant de 22 % .
En Suisse, les données spécifiques à la prévalence de la PR sont moins détaillées. Les registres nationaux, comme celui de la Société Suisse de Rhumatologie, fournissent des informations sur la prise en charge mais pas de taux de prévalence précis dans les sources consultées.
Aux États-Unis, environ 1,3 million d'Américains sont actuellement diagnostiqués avec la polyarthrite rhumatoïde . La prévalence est estimée entre 0,5 % et 0,8 % de la population . Une analyse basée sur les données du Global Burden of Disease (GBD) 2021 révèle des disparités géographiques importantes : le Montana présente la prévalence la plus élevée (464,73 pour 100 000), tandis que le District de Columbia et la Californie affichent les taux les plus bas . La mortalité liée à la PR a diminué de manière significative entre 1999 et 2019, mais a connu un rebond en 2020, coïncidant avec la pandémie de COVID-19 .
Dans l'ensemble, la polyarthrite rhumatoïde représente un fardeau sanitaire et économique significatif dans les pays occidentaux, avec des disparités géographiques et démographiques notables. Le vieillissement de la population et l'augmentation des comorbidités contribuent à l'augmentation de la prévalence observée dans de nombreuses régions .
Sources
France : Étude PREST (SNDS) / Assurance Maladie (Ameli) / Espace Infirmier / La Revue du Praticien
Suisse : Office fédéral de la santé publique (OFSP) / Sociétés suisses de rhumatologie
Canada : Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (INSPQ) / NIH (National Institutes of Health)
États-Unis : ACR Meeting Abstracts (GBD 2021) / NIH (PubMed) / Pennsylvania General Assembly